Raoul : Eh ben tu vois Bernadette, je vais te dire un truc. Aujourd'hui je suis heureux, tu comprends ? Heu-reux !
La serveuse : Je m'appelle pas Bernadette.
Raoul : Ben moi je t'appelle Bernadette, parce que je trouve que t'as une gueule a t'appeler Bernadette.
La serveuse : Qu'est-ce qu'elle a ma gueule ?
Raoul : C'est une gueule de... Bernadette.
Par exemple tu pourrais pas t'appeler Isabelle, c'est pas possible.

La serveuse : Bon d'accord t'as raison admettons que je m'appelle Bernadette.
En réalité je m'appelle Marthe mais enfin c'est pareil, c'est aussi con que Bernadette. Alors restons-en a Bernadette. Toi, je sais pas comment tu t'appelles mais je veux pas le savoir. Tout ce que je sais c'est que t'es comme les autres : un pauvre mec... complètement à coté de tes pompes, ça se voit dans tes yeux. Et puis les gens qui se prétendent heureux moi j'y crois pas des masses. Dès que j'entends le mot  "bonheur" je tique.
Qu'est-ce que t'en sais si t'es heureux ? T'es Amoureux ? Elle est jolie ? Elle a un beau cul ? Félicitations, aujourd'hui t'es gagnant, tant mieux pour ta gueule. Mais demain ? Qu'est-ce qui t'attend demain ? T'en sais quelque chose ? Tiens moi par exemple tu vois avec ma gueule de Bernadette, pour l'instant tu me considères comme une pauvre fille, comme un boudin et dans un certain sens t'as raison je vaux pas bien cher.
Mais un autre jour, dans d'autres circonstances, il pourrait arriver n'importe quoi entre nous. Il suffirait que le hasard veuille bien donner un petit coup de pouce et pourquoi pas je deviendrai la femme de ta vie. Il suffirait par exemple que tu te sentes un peu seul, un tantinet à l'abandon et tout d'un coup tu trouverais que Bernadette, c'est un joli nom.
Raoul : Ouais c'est possible.
La serveuse : Tout d'un coup, t'aurais envie que je te prenne dans mes bras, que je te console, que je te cache au fond de mon lit peut être.

Raoul : Peut être...
La serveuse : Il grince mon lit... faut pas faire attention le sommier est tout défoncé.
Raoul : C'est pas grave, moi je dormirai n'importe où.
La serveuse : Tu sais je suis le genre de fille qui prend toute sa valeur dans le noir.
Raoul : Je te crois...
La serveuse : Je connais tous les trucs pour empêcher un mec de dormir...                                                                                                                             Préparez Vos Mouchoirs - Bertrand Blier (1978)

À La Quarante et Unième Minute...

A Toute Épreuve (1992)

Coincé entre le remuant flic Tequila et Johnny le trafiquant d'armes psychotique. Tony doit exécuter le vieux chef mafieux M. Hoï si il ne veux pas griller sa couverture de flic infiltré...

Au milieu de ce déluge de feu et de poudre que constitue Hard Boiled, surnage cette scène qui contient toutes les obsessions de son auteur.
A une époque où il est devenu John-Tout-Puissant à Hong Kong, Woo se paye un billet simple pour l’Amérique, un bouquet final pour l'heroïc-bloodshed et un film méta pour lui.
Parce que tout au long des plus de 2 heures que dure le film, John Woo se raconte lui et son cinéma et comment il voit sa place dans l'industrie cinématographique HK de l’époque et comment son art doit muter pour s'expatrier....
En cela, Woo utilise son intrigue prétexte pour commencer ce monument du film d'action par la transposition moderne d'une scène d'ouverture typique d'un Wu Xia Pian de la grande époque (la scène de la maison de thé et ses éclairages caractéristiques des films de Hong Kong de ces années-là) jusqu’à progressivement faire muter le métrage en pur buddy movie d'action américain (le final dans l’hôpital avec ses lumières bleutées propres au cinéma de Cameron et consorts).



Tandis que son acteur fétiche Chow Yun Fat mène le bal avec la frime et la classe qu'on lui connait, Tony Leung synthétise tous les questionnements et les idéaux romantiques de John WooLa scène de l’entrepôt représente un pivot narratif dans le film et pour le perso de Tony.

Pour continuer dans l'exégèse méta, on peut voir M. Hoï comme un double de Chang Cheh.
Le cinéaste classique de la Shaw Brothers, réalisateur de La Rage Du Tigre et d'une dizaine d'autres incontournables du film de sabre ; mais également maître a penser de John Woo qui  fut son assistant sur l'excellent Justicier de Shanghaï.
Dans la scène qui nous intéresse Tony se voit contraint de tuer le père pour pouvoir réaliser son rêve de partir sur son bateau, comme Woo vers les USA.



Tout ceci serait d'une lourdeur indigeste si ce n'était pas transfiguré par l’interprétation de Tony Leung Chiu-Wai qui fait passer toutes les émotions contradictoires de son personnage déchiré entre le respect qu'il a pour Hoi et son intronisation dans le gang de Johnny.
Une performance qui culmine avec le regard qu'il lance à Johnny lorsqu'il se retourne vers lui, où il se force a sourire pour cacher ses larmes.
Un moment déchirant parachevé par le massacre des hommes de Hoï, car dans le Hong Kong de 1997 il n'y a pas de retour en arrière possible.


Ellen Brody : Martin déteste les bateaux, Martin déteste l'eau. Martin... Martin reste dans sa voiture chaque fois que nous prenons le ferry-boat. Ça doit lui venir de l'enfance, médicalement ça a un nom...
Martin Brody : Noyade.
Les Dents De La Mer - Steven Spielberg (1975)

Ellen Brody : Martin hates boats. Martin hates water. Martin... Martin sits in his car when we go on the ferry to the mainland. I gess it's a childhood thing. It's a... there's a clinical name for it isn't there ?
Martin Brody : Drowning.
Jaws - Steven Spielberg (1975)

À La Trente-Huitième Minute...

The Monster Squad (1987) 

...Dracula se réveille de mauvaise humeur et décide lâcher sur le monde une éternité de ténèbres avec l'aide de la momie, du loup-garou et tous les autres monstres libres de droits.
Heureusement, une bande de jeunes dangereusement exaltés sont là pour contrecarrer le noir dessein du suceur des Carpates.
Pour cela ils demandent l'aide d'un vieil immigré Allemand qui les terrifie...


Comme disait Blondin : "Tu vois Tuco, le monde se divise en 2 catégories : ceux qui aiment Les Goonies et ceux qui préfèrent Monster Squad."
Je cite de tête...
En ces temps de nostalgie doudou des années 80 (en attendant la nostalgie doudou des années 90),
il faut que j'avoue que le film de Richard Donner a toujours suscité en moi au mieux une indifférence polie au pire un rejet pur et simple digne des Visiteurs ou d' Independance Day pour ce mauvais film mou du genou.
D'accord, Monster Squad n'a pas volé sa réputation de sous-Goonies opportuniste ; les points communs entre les deux films abondent :
De Mary Ellen Trainor qui joue exactement le même rôle à la bande de gamins qui ressemblent plus a une collection clichés qu'a de véritables personnages.
Mais plus que le délire Goonies vs. Dracula qui ne peut que parler à mon cœur de bisseux, il y a une vraie noblesse a vouloir faire un film d'horreur pour enfants comme Gremlins. Et dans le fait de ne pas censurer les gosses pour les faire jurer comme des charretiers.
Et c'est dans Les Goonies qu'on voit des gamins de 12 ans jouer avec des shotguns ?


Un vrai film de passionnés bardé de références a la sous-culture de cette époque dominée par Steven Spielberg et Stephen King.
Et puis les maquillages de Stan Winston et son équipe sont largement meilleurs que le masque dégueulasse de Cynok avec son œil tordu et ses oreilles en plastique, surtout la momie et la créature du lac noir.
Je ne parlerai pas du Dracula d’opérette, élu meilleur Dracu du monde par le magazine Wizard à la surprise générale.
Encore moins d'une série de raccourcis et d'invraisemblances que l'on peu difficilement justifier même si un bon tiers du scénario a été sabré avant le début du tournage.
On retrouve dans l'écriture de Shane Black  la distance ironique de ces dialogues toujours drôles, les gamins de Iron Man 3 ou de The Nice Guys, les obsessions hard-boiled de Last Boy-Scout servis par un Fred Dekker appliqué qui  avait dirigé quelques années auparavant une épatante Night Of The Creeps avant un terrifiant Robocop 3.
Un véritable exercice équilibriste entre un profond respect pour les figures iconiques de la Universal et ce qu'il faut d'irrévérence pour plaire au grand public plus cynique.
Un travail habile avec lequel le duo Black et Dekker (!!!) se torchera avec la grosse blague nommée The Predator.


Mais cette seule scène fait toute la différence. C'est peut-être la scène la moins spectaculaire du film.
Lorsque le gamin s’étonne que le personnage de l'ermite s'y connait en monstre, ce dernier prend un air évasif et lui confirme qu'il connait les monstres tandis que la camera de Dekker (qu'on a connu moins subtil) zoome légèrement vers le bras de l'allemand pour découvrir le tatouage d'un camp de la mort.
D'un seul coup, par la grâce d'un seul plan, le petit film mal foutu surfant sur la vague Goonies prend une toute autre dimension,
une dimension qui fait froid dans le dos.




Xavier Maréchal:Du linge ?

La Réceptionniste: Beaucoup de politiciens,d'aimables clowns, quelques duchesses ;
pas mal de putes... la qualité française,quoi.
Mort D'Un Pourri - Georges Lautner (1977) 

Au commencement...


Terminator 2 : Le Jugement Dernier (1991)

C'est la merde.... Sarah Connor nous explique que les êtres humains servent maintenant de chair a pâtés pour des culturistes autrichiens lourdement armés...

Une image terrifiante, une vision d'apocalypse de toute beauté, implacable comme la musique de Brad Fiedel qui l'accompagne...
Ce plan d'ouverture de Terminator 2.



Ce plan qui rappelle celui du premier : l'image bleutée et ce crane humain au premier plan, le texte qui apparaît à l’écran "les machines s’élancèrent des cendres du feu nucléaire,..."
Les images du futur de Terminator ont imprimées la rétine d'une génération entière.
Conscient de l'impact de son ouverture, Cameron reprend le crane du film précédent pour le faire piétiner par l'exosquelette de Schwarzy.
La camera monte, un robot hostile tient un méga tromblon, tandis derrière lui se déchaîne les enfers de la guerre nucléaire entre les humains et le machines.



Il y a toujours dans la vie d'un cinéphile un moment charnière, un instant précis où ce que l'on voit sur l’écran est quelque chose que l'on a jamais vu ou ressenti auparavant.
Un moment ou une sensation que seul le cinéma est capable de vous faire ressentir.
Si je devais mettre le doigt sur cet hapax existentiel, cet effet de sidération, la scène primitive, l'effet waouh, le dépucelage, le craquage de berlingot...
Ce moment où le film nous absorbe tout entier avec notre consentement.
Aussi loin que je me souvienne mon premier instant hot-dog serait la découverte en salle de ce plan d'ouverture.

Le plan de ouf qui renvoie en quelques secondes a tous les fantasmes SF en proposant une image qui pourrait illustrer un recueil de "La Grande Anthologie De La Science Fiction" ou un numéro inédit de Metal Hurlant

Une sorte d'icone (cyber-)punk où le No Future de 77 s'est vu upgradé en No Fate pour 1997...


Storm : Enfoncez un doigt dans l'anus du tigre !!!
Welcome To The Jungle - Rob Meltzer (2013)

Storm : Stick a finger in the tiger's anus !!!
Welcome To The Jungle - Rob Meltzer (2013)

À La Soixante-Dix-Septième Minute...

Le Premier Pouvoir (1990) 

...Logan (un Lou Diamond Philips Hard-Boiled) traque un antéchrist a géométrie variable qui tue un par un ses collègues responsables de son exécution. Il est aidé dans son enquête par une mimi médium qui lui apprend que le tueur possédé le don d'investir les corps des faibles d'esprit habitants Los Angeles (beaucoup de victimes potentielles,donc.)
Voulant profiter d'un repos du guerrier bien mérité, Logan invite la très jolie Tracy Griffith en espérant conclure ; mais c'est sans compter la clodo d'en bas qui s'invite a la fête...


Il est très rare de voir avec précision ce moment où le film que l'on regarde passe du navet (film chiant) au nanar (psychotronisme hilarant).
Mais l'apparition d' une Kung-fu clocharde volante et possédée (!) a la coiffure hirsute et aussi excitée qu'un Deadite de Evil Dead qui se met a distribué des High-Kicks entre 2 roulades est un bon indicateur.


Après un violent zoom sur la victime en détresse, la mendiante maléfique se tape l'incruste sur la banquette arrière lorsque notre couple de héros décide de fuir en voiture.
Là le démon low cost entreprend de rouler des pelles au pauvre Lou Diamond Phillipps,  le tout se terminant sur une cascade so eighties.


Là ou au mieux je pensais assister a une efficace série B du genre Hidden, cette scène marque le point de non-retour nanardeux d'un film déjà pas folichon.
Étrange mélange entre L'Exorciste et Le Silence Des Agneaux ; Le Premier Pouvoir est petit film sympathique même pas culte et complètement tombé dans l'oubli.


Jusqu’à cette scène fatidique le film est correctement réalisé et arrive parfois a faire illusion,même si le doute s'installe lors de certaines cascades avec des doublures perruquées bien visibles ou lorsque Lou et sa copine sont pourchassés par le tueur armé d'un ventilateur pare-balles !

Puis le film s'enfonce dans le portnawak le plus total avec l’apparition de la clodo et il est temps pour Logan de boucler son enquête en faisant appel a une religieuse qui cache un couteau dans son crucifix.


Le Premier Pouvoir a quand même pour lui de présenter une galerie de trognes bis : Carmen Argenziano (Le Parrain 2 et une pelleté de série dont personne se souvient...), Julianna McCarthy (la vieille de Fantomes Contre Fantomes),  Bill Moseley (The Devil's Rejects) David Gale (le Dr. Hill de Re Animator) et pour les plus attentifs, Grand Lee Bush (l'autre agent Johnsonn de Die Hard).


Précédant de peu l’étrange mode  des serial-killer super star (qui de Seven à Marilyn Manson sera la grande affaire des années 90), le film est réalisé par l'inconnu au bataillon Robert Resnikoff ; par ailleurs scénariste du buddy movie Collision Course avec Pat Morita et Jay Leno qu'il me tarde de voir, du coup.


Tommy:Are you tryin' to say something ?
 

Varla:I never try anything. I just do it. And I don't beat clocks, just people... Wanna try me?
 Faster, Pussycat ! Kill ! Kill ! - Russ Meyer (1965)

Tommy:De quoi veux tu donc parler ?
 

Varla:Je parle pas pour rien dire. J'agis seulement. Je bats pas de record, seulement les hommes...T'as envie de m'essayer ?
  Faster, Pussycat ! Kill ! Kill ! - Russ Meyer (1965)

Phil Gaines:T'as vu son cul à celle-là ?

Louis Belgrave: Je n'ai vu que ça.

Phil Gaines:C'est un vrai ?

Louis Belgrave:Ouais, qu'est-ce que tu crois que c'est ?

Phil Gaines:On est plus sûr de rien maintenant, on en fait des ersatz.

Louis Belgrave:Ah bon ?

Phil Gaines:Oui, ils en parlaient dans Time Magazine :
Y'a un chirurgien qui fait ça, à Genève.
Oui, si tu as le cul triste. Il t'en refait un au moule.


Louis Belgrave:Y'a pas de mal à ça...

Phil Gaines:Non... Pas étonnant que la Suisse soit restée neutre.
C'est un sacré pays : Si t'es une fripouille, tu y planques ton pognon.
Le chocolat y'est extra et on te refait le valseur.

 La Cité Des Dangers - Robert Aldrich (1975)

Phil Gaines:Did you see the ass on that ?

Louis Belgrave:I saw it.

Phil Gaines:Think it's real ?

Louis Belgrave:Yeah, what do you think it is ?

Phil Gaines:Can't be sure any more.
They make new asses.


Louis Belgrave:Yeah ?

Phil Gaines:Yeah.I read about it in Time Magazine :
There's a surgeon over in Geneva.
Yeah. Takes sagging asses and makes new ones.


Louis Belgrave:Nothing wrong with that.

Phil Gaines:Yeah....No wonder that country never went to war.
Wonderful place.
Survives on hot money, chocolate...
and rebuilt keisters.

Hustle - Robert Aldrich (1975) 
     BennieWhy?... Because it feels so goddamn good !
Bring the Head Of Alfredo Garcia - Sam Peckinpah (1974)

Bennie : Pourquoi?... Parce que c'est fou ce que tuer ça peut soulager !
Apportez Moi La Tête D'Alfredo Garcia - Sam Peckinpah (1974)
  Martin Riggs : Alors je pourrais vous lire vos droits ; mais rien qu'a voir vos gueules, je suis sûr que vous les connaissez déjà...
L'Arme Fatale - Richard Donner (1987)

Martin Riggs  : Now I could read you guys yours rights,but ah, you guys already know what your rights are, don't you? 
Lethal Weapon - Richard Donner (1987)

Ain't No Fun (If The Homies Can't Have None)

Le Mac (1973) 

Titre original : The Mack
Réalisateur : Michael Campus


 Goldie n'est qu'un petit dealer lorsqu'il se fait arrêter. Après avoir passer 4 ans, 349 jours, 2 heures et 20 minutes en prison, sa soif de revanche et de pouvoir le pousse a devenir proxénète. Sa seule ambition est de devenir le plus grand pimp de Oakland, mais son ascension sera contrariée par des macs rivaux, un duo de flics ripoux et son frère devenu entre temps un membre des Blacks Panthers...


La première fois que j'ai entendu parler de ce classique de la blaxploitation, c'était en 1993  dans True Romance.
Plus tard, j'ai réussi a dénicher une VHS mais la version dispo en France était amputée d'une bonne vingtaine de minutes et la moitié de la B.O. ultra- funky de Willie Hutch était passée a la trappe !
Aujourd'hui, l'occasion de voir la version uncut est une véritable redécouverte...

Par souci de réalisme le réalisateur Michael Campus s'est fait par aidé par le pro Frank D. Ward : le plus grand pimp d’Oakland qui se fera assassiné peu avant la sortie du film qui lui est respectueusement dédicacé...


Car loin d'un film d'action black, The Mack est un véritable rise and fall, une chronique de la rue dépourvue d'un quelconque point de vue moral : on assiste simplement au travail quotidien du mac dans le ghetto, c'est même un véritable petit tutoriel si vous voulez embrasser la carrière de maquereau !
Un souci de réalisme qui n'empêche pas quelques moments décalés comme le pique nique des macs, l'élection du meilleur mac de la ville (où l'on aperçoit Frank Ward dans son propre rôle) et une séance d'endoctrinement pour tapin dans un planétarium.


La figure cliché du mac des 70's est bien là avec ses fringues qui piquent les yeux et la scène où il arrive en Rolls dans le quartier pour distribuer des biftons aux gamins.
D'ailleurs  il faut absolument conseiller ce film aux petits n'enfants qui veulent approfondir leur connaissance de la langue de Shakespeare; après la vision studieuse de ce film, où toutes les femmes du cast se font traitée de biatch, les expressions a base de motherfucker, fuckin', Punk Ass...n'auront plus de secret pour eux et feront la joie de leur prof d'anglais.


Ce qui rend également indispensable le métrage, c'est le duo de flics ripoux qui passe tout le métrage a insulter la majorité du casting de niggers (c'est Spike Lee qui va pas être content!), duo où l'on retrouve Don Gordon un second couteau  du cinéma américain
qui traina ses guêtres de Bullit à Supercoter et qui nous livre ici ses réflexions très personnelles sur les femmes, les girafes et les éléphants.

Pour résumer nous avons a faire à un tout meilleurs films de blaxpoitation, un genre qui s'est trop souvent contenté de prendre la pose sur une musique funky.
Ici, le coté revendicatif du genre est servi par une intrigue carré et chaque acteur est véritablement investi par son rôle.
Rajouter a cela une violence bien badass et surtout la sublime musique de Willie Hutch qui depuis a été samplée dans tous les sens, vous n'avez aucune raison de passer a coté de ce chef d’œuvre absolu du cinoche des années 70.

Episode 0

Après avoir envoyer chier le maire de San Francisco, l’inspecteur Harry Callahan part s'envoyer un jumbo hot dog dans son rade préféré.
Pendant que Jaffe lui prépare sa collation, Callahan lui fait part de son pressentiment a propos d'une Volvo beige qui lui semble suspecte...
(le genre de pressentiment qui coûte cher aux assurances comme dirait le Sergent Powell).
A peine entamé ce satané hot dog, l'alarme de la banque retentit et l'inspecteur doit reprendre du service...

Aussi loin que je me souvienne, cette scène du film de Don Siegel est mon premier choc traumatique avec une icone de cinoche...
Ce bon vieux Clint...

Pourquoi je me souviens de ça ?
Dans mon salon au milieux des cadavres de bouteilles, assis dans un canapé d’occaz, regardant cet étrange disque dur externe ?
Et qu'est-ce que fait ce disque chez moi?
Tout ce que je me souviens c'est d'avoir bu , un peu...trop.
Trou noir,... Damn !!...

J'appelle les invités de la soirée pour savoir si ils n'ont rien oublier : certains cuvent et ne répondent pas, d’autres refusent de me parler; rapport a mon comportement pendant la soirée !
Comment ça ? Quel comportement ?
Pas de réponse.

Je branche le disque sur la télé : rien.
Sur l'ordinateur, il plante, merde!!!...

Au bout de plusieurs jours d’enquêtes, un pote me conseille un logiciel a la limite de la légalité pour voir ce que la bête a dans le ventre.
Après 3 ou 4 essais infructueux, ça y est, j'y suis arrivé.

Sur l’écran de mon ordi, voila que s'affiche un message étrange :


"PETIT HOMME, VOICI L'HEURE DE TA RÉDEMPTION.
TU AS PERDU TROP DE TEMPS A REGARDER DES FILMS POURRIS.
ARRÊTE DE T'ENFILER DES BLOCKBUSTERS DE MERDE EN 3D .

VOICI LA SÉLECTION DES DIEUX DU VRAI CINÉMA QUI TE RAMÈNERA DANS LE DROIT CHEMIN.

REMATE TOUT CES FILMS QUI ONT CONSTRUIT TA CINÉPHILIE ET NOUS TE PARDONNERONS PEUT ÊTRE D'AVOIR ÉTÉ VOIR  MY ASS ON THE COMMODE 6.

TU NE PEUX REFUSER, TU ES AU CHÔMAGE ET TU N'AS RIEN D'AUTRE A FOUTRE.

SI TU REFUSES LE MONDE TEL QUE TU LE CONNAIS SE DISLOQUERA COMME DANS UN FILM DE ROLAND EMMERICH ET TA FAMILLE SERA MAUDITE SUR 6 GÉNÉRATIONS...
SAUF SI TU VAS VOIR MY ASS ON THE COMMODE 7..., DANS CE CAS SE SERA 7 GÉNÉRATIONS. 
Si tu vas voir le numéro 8, ce sera 8 générations... enfin, tu comprends le truc,quoi."

Comment ils savent que je suis au chomedu ?
J'ai pas le temps de me poser la question que le message disparaît et laisse place + de 990 Gigas de films étranges, rares, nul ou super cool...

Mince, j'ai vraiment du regarder des films de merde  pour mériter un truc pareil ! 
Mais qu'importe, si tel est ma mission alors soit ! :
je materais l’intégralité de ce disque et le monde sera sauvé!!!...

Depuis quelque temps déjà, je commence à douter de cette passion dévorante qu'est le cinoche...
Je doute de ces films taylorisés, de ces franchises, suites, séquelles, reboots (appelez ça comme vous voulez) que je me mate comme un junkie en quête de sa dose de frissons...
L'espoir de retrouver ce petit frisson qui me fait dresser les poils des avants-bras quand je suis devant un vrai moment de ciné...
Ces petits frissons bon marché qui me semble de plus en plus lointains...
Je doute de les ressentir un jour...
Je doute tellement que j'en deviendrai douteux.

Avec un sens de l'abnégation qui m'étonne moi-même, me voilà parti en quête des sensations oubliés du cinéma mal poli et rentre-dans-le-lard, ces morceaux de ciné géniaux, déviants, classiques ou obscurs qui n'ont peut-être pas fait l'Histoire du Cinéma mais qui ont écrit les plus belles pages de mon Cinoche.

Celui qui a fait que un petit gamin de 10 ans brava l'interdit du carré blanc de FR3 pour découvrir un héros remontant tranquillement une rue dévastée de San Francisco, un Magnum 44 à la main, et lâcher la punchline ultime :

"Do I feel lucky? Well do ya, punk ? "