Die Hard With A Vengeance - Une Journée En Enfer (1995)


À la soixante cinquième minute...

..John McClane n'a d'autres projets que de boire des bières, fumer des clopes et éventuellement faire une lessive. C'était sans compter le charmant Simon Gruber qui a la ferme intention de lui gâcher sa gueule de bois.
Suivant son instinct (et connaissant un peu la famille Gruber...), McClane décide de faire le tour des banques de Wall Street histoire de voir si quelques opportuns n'aurait pas eu l'idée de profiter du bordel ambiant pour braquer ces parangons du capitalisme sauvage.
Alors qu'il décide d'accompagner un vigile un trop poli a faire sa ronde, il se retrouve dans un ascenseur avec des agents de sécurité a la mine patibulaire mais presque...

On dirait le début d'une blague nulle : "John McClane est dans un ascenseur avec 4 terroristes..."
et en 1 seule minute, on se retrouve avec un morceau de bravoure estampillé Ultimate Bad Ass !

Il m'a fallu plusieurs visions de Die Hard 3 pour saisir l'importance de ce mètre étalon du ciné d'action moderne.
À l'époque de sa sortie en salle, je m'attendais à un film dans la droite lignée de 58 Minutes Pour Vivre : filmage classy, ambiance noël décontractée, Bruce Willis (Top Cops) tentant de sauver sa femme... mais que nenni !

À la place, voila mon Bruce adroré qui nous la rejoue Dernier Samaritain loser et alcoolo et notre héros solitaire fait équipe avec Sam Jackson (XXX2 : The next Level) ,
aucune apparition de l'agent Powell, du journaliste Thornburg et même pas le Let It Snow de Vaughn Monroe !!!

Bref, si en plus de ça vous me rajoutez une fin à coté de la plaque (réalisée par le mercenaire Jonathan Mostow). En sortant du ciné j'étais à deux doigts (à un doigt, un doigt ! ) de brûler mon idole.

Sauf qu'au milieu de ce marasme surnageait deux moments en état de grâce : l'attaque du coffre fort par Gruber et compagnie ainsi que cette fameuse scène de l’ascenseur qui m'a cloué sur mon siège.

En gros ce qui me gênait à l'époque c'est que Die Hard 3 ne fasse pas du fan service comme dans le deuxième épisode (ce qui rétrospectivement est plutôt une qualité...)
et paradoxalement plus je remate cette séquence plus elle me rappelle la confrontation avec Marco, lorsque McClane se cache sous la table pour éviter le feu nourri de son adversaire dans le premier volet : Même gestion du suspense, même ambiance ultra tendue, même utilisation de la musique, même brutalité dans la conclusion.

Dans cette scène de l'ascenseur qui n’apparaissait pas dans le script original, John McTiernan (Rollerball)montre l'étendue de son talent en dirigeant une séquence d'action mettant en scène 5 personnages coincés dans un espace de 4 mètres carrés maximum !

Faisant monter le suspense d'un coup d'un seul, utilisant toutes les ressources de son décor minimaliste (le badge qui se reflète dans la porte !..) pour finir sur une image d'une brutalité inouïe dans le cadre d'un blockbuster estival.
Rappelant ainsi que McClane est tout sauf un enfant de chœur !

Le temps a fait que plus je vois ce film et plus je l'apprécie a sa juste valeur :
Avec ses qualités (son alternance de plan steady-camés et de caméra à l'épaule complètements immersifs, ces seconds couteaux loin d'être cons et ces scènes d'actions over the top filmées comme un reportage, ce qui renforce le coté hardcore)
et ses défauts (la fin est vraiment toute pourrie : la fin d'origine est dispo un peu partout et elle est énorme. Même si elle peut sembler hors sujet.)

Le plus gros reproche qu'on pourrait faire au film aujourd'hui, c'est d'avoir eu une influence capitale sur la mise en scène des blockbusters des années 2000 où les réal préfèrent usés et abusés de la shaky-cam dans les scènes d'actions plutôt que de travailler sur une vraie gestion de l'espace...

Je parle des feignasses comme Zack Snyder, Paul Greengrass,John Moore, Marc Foster, Jonathan Liebesman, and so on...

Même si aujourd'hui c'est une tarte à la crème que de dire que ce film est un jalon ultra important du cinéma d'action américain et que l'on peut retourner dans tout les sens la démarche artistique d'un McTiernan qui transforme un quidam en héros de cinéma (Die Hard) puis confronte le héros de cinéma à la réalité (Last Action Hero) pour enfin recréé cette icone déchue en véritable working class hero (Die Hard 3), ou simplement se prendre la tête sur comment mettre 4 galons d'eau dans un bidon de 5 galons.

Le constat est sans appel : Le cinéma d'action américain manque cruellement d'un bonhomme de la trempe de John Mctiernan !

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